lundi 9 décembre 2019
Médias

Réseaux sociaux, une forme de démocratisation de l’information

"Je suis frappé par le traitement souvent sensationnaliste des questions de santé dans les médias."

Trop de sensationnel dans les médias
"Les journalistes se précipitent soit sur les nouvelles découvertes qui sont censées transformer la vie des patients, soit au contraire sur les grandes controverses. Il faudrait contrebalancer ces informations en abordant le côté moins spectaculaire de la vie des patients. Si on prend le cas de la médecine personnalisée du cancer qui a fait de nombreuses fois la Une des médias, elle ne va bénéficier pour le moment qu’à une minorité de patients. Il faudrait s’intéresser aux traitements plus fréquemment utilisés par les patients, aux problèmes qu’ils posent et à leur vécu."

"Il serait aussi préférable de ne pas traiter les désaccords comme des guerres de camp contre camp, mais de manière plus apaisée, car les désaccords sont normaux et même sains. Ces informations sont bien évidemment reprises et démultipliées sur les réseaux sociaux où le format de la prise de parole est tellement réduit qu’il favorise ces invectives et aussi les idées simples... qui ne sont pas toujours les meilleures !"

Les réseaux sociaux, du positif pour les patients
"Si la rapidité de circulation de l’information pose des enjeux de régulation, c’est en même temps une forme de démocratisation de l’information. Les réseaux sociaux favorisent la création de groupes d’échanges et de partage. La parole n’appartient plus aux seuls experts, les patients ont aussi le droit à la parole et leur parole peut être relayée."

Interview réalisée au Centre de Sociologie des Organisations de Sciences Po et du CNRS à l’occasion de la sortie de l’ouvrage « Les politiques de lutte contre le cancer en France » sous la direction de trois sociologues, Audrey Vézian, Pierre-André Juven et Patrick Castel et publié aux presses de l’EHESP.

En savoir plus : http://www.cso.edu/home.asp