mardi 23 avril 2024
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Intelligence artificielle et réseaux sociaux : l’accès pour tous à l’information

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Cependant, notre cerveau est le seul à être capable d’émotions, de créativité et d’adaptation à des situations nouvelles, il peut résoudre des problèmes complexes et surtout, il peut décider.

L’IA et l’évolution de la communication en santé
Elle a été marquée par plusieurs événements majeurs. Tout d'abord, la révolution Internet et des technologies de l’information a permis aux patients d'accéder à une quantité considérable d'informations sur leur santé. « L'émergence des médias sociaux a changé la manière dont les personnes interagissent avec les professionnels de santé en partageant des informations. Cela est très récent », souligne Dominique Noel, présidente du Festival de la Communication Santé. Pour autant, cette prolifération de l’information donne aussi lieu à de nombreuses dérives médiatiques qui présentent des risques parfois importants pour notre santé, tant sur le plan individuel que sur les orientations des politiques de santé publique. Elles tendent à se multiplier avec l’explosion des nouveaux médias et des réseaux sociaux. La vigilance dans le traitement de l’information santé est de mise. Fondateurs de l’Observatoire de l’Information Santé, nous avions présenté, lors de la 28e édition du Festival, le récit d’une dérive médiatique portant sur « le cancer et le hasard ». Une information vraie, authentique, réelle, portant sur le cancer, va être mal interprétée et diffusée de façon tronquée, dénaturée dans les médias du monde entier. Cette dérive médiatique dure 13 jours. Elle est emblématique de la façon dont l’information scientifi que est de plus en plus souvent traitée aujourd’hui. Cette analyse a fait l’objet d’une publication : Cancer et hasard. Une dérive médiatique passée au crible, (Les Tribunes de la Santé, n°53, 2016/4 Presses de SciencesPo).

Quatre millions de connexions
À l’Efap, Chat GPT est obligatoire pour tous les étudiants : « Nous ne voulions pas aller à contre-courant de la réalité de la vie en l’interdisant. Cela oblige les étudiants à remplir un formulaire indiquant comment ils l’ont utilisé et surtout, comment ils ont vérifi é les sources et les contenus », indique Lionel Reichardt, vice-président, directeur pédagogique MBA Digital Marketing Business.
« C’est vrai, la parole des patients dans le domaine médical remonte à plusieurs décennies, mais les progrès récents ont permis d'exploiter davantage la diffusion d’une information sourcée », observe Laure Guéroult-Accolas, fondatrice de l'association Patients en réseau. Réalisé avec le soutien d’Exact Sciences, elle explique en 10 clips vidéo de 20 secondes aux patientes atteintes d’un cancer du sein, les bénéfi ces de la réalisation d’un test génomique avant les traitements. « Ce test permet dans la majorité des cas d’éviter une chimiothérapie inutile », indique-t-elle. Ces informations relayées par les professionnels de santé et diffusées sur les réseaux sociaux et les différentes plateformes comptabilisent à ce jour plus de 4 millions de connexions. De plus, « il faut reconnaître que les plateformes numériques sécurisées offrent maintenant des moyens de partage d'informations médicales tout en préservant la confidentialité des données des patients », confirme Chanfi Maoulida, responsable de la transformation numérique au Service de santé des armées.

Sans réseau, pas de télémédecine
Les réseaux sociaux permettent un lien avec la famille et les amis, mais nous sommes nombreux à rechercher des informations santé. « Il est certain que les réseaux sociaux permettent de recouper différentes affi rmations, notamment sur les traitements d'une maladie et leurs éventuels effets secondaires », remarque un pharmacien fécampois. La télémédecine a facilité l'accès aux soins de santé pour les personnes habitant dans des zones géographiquement éloignées ou mal desservies. « Mais avec une mauvaise, voire sans connexion du tout, il est impossible d'envisager sérieusement la télémédecine », observe Guillaume de Durat, présidentfondateur de l'Université des déserts numériques. Il se bat depuis des années auprès des instances et des ministères pour que les réseaux couvrent l'ensemble des régions au bénéfi ce évident des patients. « Les progrès dans les technologies ont également permis une meilleure collaboration entre les professionnels de la santé, optimisant ainsi la coordination des soins et la prise en charge des patients », confi rme le docteur Roland Noel, médecin généraliste en région parisienne. « En somme, l'avenir de la communication entre les professionnels de santé est prometteur avec des avancées technologiques qui façonnent la manière dont les praticiens interagissent et échangent des informations. Une intégration plus poussée de ces technologies permettra de considérablement améliorer et favoriser des décisions médicales éclairées », confirme un sociologue.

Signaux verbaux et non verbaux
« L'analyse de la parole des patients - y compris leurs sentiments, leurs émotions et même leur tonalité - est de plus en plus reconnue comme une méthode importante pour évaluer leur état de santé global », indique un chercheur du CNRS. Lauréat en 2010 de la médaille Fields, l’équivalent du prix Nobel pour les mathématiques, Cédric Villani analyse ce phénomène : « Il faut bien voir que dans cette course vers l’intégration de l’IA dans la santé, la France a un atout majeur : ses chercheurs qui travaillent sur une recherche de très haut niveau sont reconnus et respectés dans le monde entier. » Le professeur Roman Rouzier, chirurgien et directeur scientifique au centre François Baclesse à Caen considère que « l’intégration de l'intelligence artifi cielle dans les systèmes de communication permet une analyse plus rapide et précise des données médicales, influant sur les décisions cliniques. De plus, la télémédecine et les technologies de vidéoconférence facilitent le décloisonnement entre les professionnels de la santé, en particulier dans des contextes où la distance physique est un obstacle. »

Faire parler un personnage à partir d'une photo
Dès aujourd’hui, l’intelligence artificielle permet de créer en 3 secondes, sur la base d’une photo d’identité d’une personne, un portrait hyper-réaliste sous les traits d’une hippie, d’une rebelle ou encore d’un empereur romain. Nous nous sommes prêtés au jeu, le résultat obtenu est bluffant ! Mieux encore, avec le logiciel Synthesia, vous pouvez créer en ligne votre personnage, toujours sur la base de votre photo d’identité, simplement en tapant un texte qui anime directement votre visage, en ajoutant automatiquement des expressions faciales et des mouvements de la bouche synchronisés avec la parole. Plus encore, les sous-titres automatiques sont inscrits en plusieurs langues !

Bref, devant la facilité à pouvoir truquer une information, la validation de la source, obligatoire pour un journaliste, doit s’appliquer aux publications personnelles pour éviter la prolifération de fausses informations. Bref, n’acceptez en aucun cas une ordonnance de Jules César !


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